13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 20:39

J’ouvre les yeux, après un long sommeil,

Je ne sens plus mes membres inférieurs ;

Serait-ce là mon avant-dernier réveil ?

N’emporte-t-on donc rien, à part sa peur ?

 

J’étouffe, je sens se serrer mes côtes,

Mes forces peu à peu m’abandonnent ;

Je n’ai souvenance que de mes fautes…

Je crois que la faucheuse m’espionne !

 

Il fait un peu trop froid, pour la saison…

Serait-ce la mort, ou c’est le climat

Qui, comme ma tête, perd la raison

Et me fait glisser vers l’anonymat ?

 

Le lit est très haut, le plafond trop bas…

Je sens sa froideur peser sur mon cœur ;

La vie m’impose ce dernier combat,

A armes inégales ; en deux couleurs.

 

D’habitude, à pareille heure,

Il n’y a pas que du noir et du blanc ;

Les rayons de soleil, avec douceur,

Entrent et soulagent mon corps tremblant !

 

Pourquoi suis-je seul, dans cette pièce ?

Où sont partis mes amis, mes proches,

Mes enfants, mes neveux, mes nièces,

Sont-ils là ? C’est ma vie qui s’effiloche ?

 

Quelqu’un entend-il mes cris de détresse ?

Je me sens glisser… prenez-moi la main !

Je n’ai pas eu ma dose de caresses…

Je ne voudrai pas partir sur ma faim !

 

J’ai froid en plein été, et j’enrage

De partir sans un rayon de soleil,

Sans faire un dernier tour à la plage,

Sans sentir le sable entre mes orteils !

 

Dites-moi que la seconde chance,

Qu’elle refuse de m’accorder ici,

Là-bas, la vie aura la bienveillance

De me l’accorder sous forme de sursis !

 

Dites-moi que ce saut dans le vide,

A des chances d’aboutir quelque part ;

Que ce corps efflanqué et livide,

Ne nourrira pas d’infinies nuits noires !

 

J’aurais voulu partir avec l’esprit serein,

Fort d’une quelconque certitude…

Que cette brève vie… qui ne donne rien,

N’est, en fin de compte, qu’un prélude…

 

J’ai trop mal de devoir partir tout seul,

De laisser derrière moi ceux que j’aime ;

Avec pour unique atour un linceul,

Et l’hypothétique bonheur post-mortem !

 

Qu’il est pesant ce méchant mensonge !

Qu’il est cruel, le bluff du « pour toujours » !

La vie n’est, en somme, qu’un furtif songe,

Dont on se réveille avec le cœur lourd !

 

Adieu, mes amis, adieu mes repères !

La vie ? Quel sale coup porté en traître !

Un coup bas n’est pas de bonne guerre ;

Après tout, qui a demandé à naître ?!

  (EN SOUVENIR D'UN AMI D'ENFANCE MORT JEUNE)

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