6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 11:27

 

Dors bien, mon cher ange, je suis là, je veille

A ce que rien ne dérange, ton bon sommeil.

Dors, chair de ma chair, second souffle libéré,

Second cœur sur terre, d’un père désœuvré,

Dans un monde sans merci, au futur incertain,

Dont l’unique souci est d’accroître ses gains,

Et où nous les précaires, n’avons que nos yeux,

Pour pleurer puis taire d’être oubliés de Dieu.

Dors, pauvre légataire d’un triste sort congénital,

Je n’ai que des prières, comme barrière au mal.

Prélève ta part d’air, pollué, j’en suis navré,

Sous le regard d’un père, triste de te livrer

A une vie périlleuse pour sa descendance,

Où les aînés creusent des tombes pour l’enfance.

Dors, sous mes yeux brouillés, de larmes coupables

Pour avoir oublié d’agir en responsable…

T’avoir donné le jour en cet hiver des cœurs,

Sous des cieux bien lourds, féconds de cris et de pleurs.

Ta mère dors, tranquille, non loin de ton berceau,

Rabattant ses cils, sur un regard pur et beau,

Convaincue que le mâle, dont son cœur s’est épris,

Est à l’épreuve des balles, par ces temps pourris.

J’ai honte de ployer, sous cette charge lourde

Et de devoir te confier, cette douleur sourde.

Le sommeil boude mes yeux, à l’heure des bilans,

Je me tourne vers Dieu, dans un dernier élan,

Pour qu’il vous protège, toi et ta tendre mère,

Des innombrables pièges, dressés sur cette terre.

Vous êtes le seul but qui me retient debout,

Dans cette âpre lutte où pleurer est tabou.

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