14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 22:12

Il faisait tellement beau qu'il avait l'impression 
Que le temps s'était finalement arrêté. 
Il bloqua sa respiration, par précaution, 
De voir le printemps soudain passer à l'été. 
  
son corps ne faisait plus qu'un, avec le milieu, 
Au point où il se sentais tellement léger 
Qu'il lui aurait suffi, pour atteindre les cieux, 
De fermer les yeux et d'arrêter de bouger. 

Hélas, quand on vit seul, avec qui partager
Une ébauche de bonheur qui se dessine,
A la faveur d'un soleil venu se loger
Entre des branches lestées de mandarines?
  
En des jours pareils, la cerise sur le gâteau 
Serait d'être à deux, pour pouvoir apprécier 
Ce que la vie s'efforce d'offrir de plus beau 
Et que l'homme prend pour acquis sans remercier. 
  
Le bonheur est devenus une denrée rare ; 
Une vie suffit rarement, pour le trouver. 
Le temps de le croiser, il est souvent trop tard, 
Alors fermons les yeux ; il reste d'en rêver ! 

Rêvons que chacun pourra un jour être heureux,
Dans un monde où le bonheur est accessible;
Rêvons que ceux qui sont seuls, se retrouvent à deux
Et que tous leurs rêves deviennent possibles!

Que faire d'autre, sinon rêver les yeux ouverts,
Lorsque la réalité devient trop dure?
Quand l'homme crée pour autrui l'enfer sur terre,
S'aimer les uns les autres? Rien n'est moins sûr!

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 17:16

LA ROUE TOURNE !

Il était une fois un bel homme

Qui, ayant dame chance à ses pieds,

Osa plus que ce qui à l'homme sied.

Et fit de l'univers son royaume.

*

Il prit l’existence à bras-le-corps,

Vécut à l’endroit, vécut à l’envers,

Mélangea les atouts et les travers,

Et causa autant de bien que de tort.

*

Il était humain, personne n’est parfait,

Il fallait bien que jeunesse exulte.

Pour que les passions sortent du tumulte,

Elles causent de collatéraux effets.

*

A l’âge mur, il tomba amoureux

D’un ange, dont la douceur n’avait d’égal

Que d’innocents yeux au regard fatal,

Sans lequel il ne pouvait être heureux.

*

Conquérir son cœur fut chose facile,

Car l’ange était sans expérience.

Il sortait à peine de l’enfance,

Et allait faire une épouse docile.

*

Ils vécurent heureux quelques années,

Mais la vie, qui parfois est trop dure,

Priva leur foyer de progéniture,

Condamnant leur bonheur à s’effaner.

*

Il avait un peu plus de trente ans,

Quand il quitta sa terre stérile,

Ce dur fermier des grandes villes,

Soucieux de produire quelques enfants.

*

Vouant l’ange déchu aux années mortes,

Il eut avec une autre deux enfants,

Misa sur eux sa fortune et son temps,

Et plein de rêves que l’âge emporte.

*

Les enfants, devenus grands, s’en allèrent

Laissant un foyer bâti autour d’eux

Tristement vide, au point de sentir creux,

Et des parents pas faits pour la galère.

*

L’épouse mal aimée, ayant encaissé

Les frasques du mari sans mot dire,

Décida alors de lui faire subir

Le calvaire, avant de le laisser.

*

Il se retrouva à soixante ans,

Livré à lui-même, en pleine pente,

Subissant une retraite différente

Et vivant la solitude au présent.

*

Il tint le coup pendant quelques hivers,

Mais les souvenirs ayant la vie dure,

L’image d’une épouse au cœur pur,

Revint lui infliger d’autres revers.

*

La conscience torturée, les remords

Commencèrent à lui miner le moral,

Le mettant nez à nez avec le mal

Qu’il lui avait causé et tous ses torts.

*

Il se demanda, les larmes aux yeux,

Ce qu’il pourrait être advenu d’elle,

Cette épouse aimante et fidèle

Qui fut victime d’un traitement odieux.

*

Mu par le regret et la solitude,

Il alla, contrit, à sa recherche,

Pour tendre une tremblante perche

A un cœur avec lequel il fut rude.

*

Plus de trois décennies, sans s’enquérir

De celle qu’il voudrait à présent revoir !

Reste-t-il encore quelque espoir

Qu’elle soit seule et veuille lui revenir ?

*

La vie nous offre des enseignements,

Sur lesquels on fait souvent l’impasse,

Préférant plutôt nous voiler la face

Que de nous arrêter sur nos tourments.

(inspiré par une histoire vraie)

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 12:29

Quand le vent te prend pour cible
Et qu'il taquine tes cheveux ;
Quand ton charme devient terrible 
Et que je succombe à tes yeux ;
Je t'aime !
Quand d'un sourire tu survoles
Mes craintes et tous mes tourments ;
Quand mon cœur conquis s'affole
Et palpite éperdument ;
Je t'aime !
Quand la nuit tu te fais tendre,
Quand ta douceur baigne les lieux ;
Je mettrais mon âme à vendre,
Pour toi, quitte à fâcher Dieu ;
Je t'aime !
Quand entre tes bras je tremble
Et redeviens petit enfant ;
Quand transfigurée tu ressembles
A un ange, surpris péchant ;
Je t'aime !
Quand pendant l'absence je rêve
En silence aux retrouvailles,
Et que ton image, sans trêve,
Vient remuer mes entrailles ;
Je t'aime !
Quand j'entends parler de bonheur
Des gens moyennement heureux,
Et compare le notre au leur
Je fais mes louanges à Dieu ;
Je t'aime !
Je t'aime et me demande
S'il est sensé d'aimer si fort.
Je donnerais en offrande
Pour toi, mon âme et mon corps !

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 20:43

Est-ce bien moi, cette femme belle,
Que tu fis un jour tomber amoureuse? 
Tu avais pourtant dit vivre pour elle,
Et tout faire pour la rendre heureuse...

Je t'ai, disais-tu, fait tourner la tête
Et fait battre ton coeur en porte-à-faux;
Que sans moi, ta joie était incomplète...
Que pour l'être aimé, rien n'est trop beau.

Je me retrouve, vingt années plus tard,
Peinant à trouver grâce à tes yeux
Et m'échinant seule du matin au soir,
Pour sauver notre couple sommeilleux!

Tu passes ton temps collé à la glace...
Je sais, le temps est une lourde croix,
Mais moi, je ne me voile pas la face,
Et je ne pars pas traquer d'autres proies.

Lorsqu'on arrive au crépuscule
De sa vie, retomber en enfance,
En plus de nous rendre ridicule,
Nous fait basculer dans l'indécence.

Tu te trouves encore assez vert
Pour aller butiner de fleur en fleur,
Infligeant à notre couple ce revers,
Après  m'avoir arraché ma primeur?

Moi, celle qui, armée de patience,
T'a vu régresser au fil des années
Et t'a porté comme une pénitence,
Quand la raison dictait d'abandonner...

Moi, le témoin de tes frasques puériles
Et de tes volte-face de mâle blessé,
Lorsque tes assauts s'avèrent inutiles
Et tes salves des cartouches mouillées...

Tu vas, la dégaine de mâle viril,
Plastronner là où tu n'es pas connu,
Toujours en quête d'un look, d'un style,
Pour impressionner de pauvres ingénues.

Pendant ce temps là, moi, pauvre mère
De quelques ados et d'un vieil enfant,
Je n'ai fait que subir et me taire,
Dans l'espoir que tu retrouves la raison.

La coupe est pleine, aujourd'hui je m'en vais!
Quand un membre infecté fait trop mal,
Et qu'il commence à sentir mauvais,
L'amputer devient alors primordial!

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 10:21

Je vous sens tristes, amis de tous pays,
L'air désabusés, l'humeur en bouillie.
A vous voir abattus, j'ai l'impression
Que vos coeurs sont vidés de leur passion,
Que de l'autre vous avez fait le tour,
Et l'avez jugé indigne d'amour;
Que vos décevantes expériences,
Sont venues à bout de votre patience,
Et que, las, vous ne demandez pas mieux
Que de battre en retraite vers d'autres cieux.
Soit! Tout comme vous, je perds confiance,
En constatant, par exemple, l'inconscience
Et l'égoïsme dont font preuve les humains,
Qui transforment en impasse les chemins,
Censés nous conduire vers le bonheur,
Jouant sur nos différences et nos peurs.
Je suis même prêt à l'aventure,
Pour peu que je trouve un moyen sûr
De m'éloigner d'ici à tire d'ailes,
Vers des contrées indemnes et belles.
En attendant de trouver ce moyen,
Faisons l'effort d'être de bons citoyens;
Colorions de mots, faute de couleurs,
Cette grisaille qui pèse sur nos coeurs,
Conjurons les non-dits en criant fort,
Notre souci de redresser ces torts
Et affichons, autant que faire se peut,
De tous nos sourires, les plus radieux!

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 21:12

QUI SE SOUVIENT DE AZIZ TAALAB?
Je ne ferais pas à ta mémoire
la grandiloquence de soutenir,
ou ne serait-ce que prétendre croire
que tes pairs chériront ton souvenir.

On sait hélas que dès que l'un s'efface,
l'engrenage fait tout pour qu'à terme,
n'importe qui d'autre prenne sa place
avant que son trou ne se referme.

Des paupières tombent sur des yeux clairs
qu'on ne peut soupçonner d'indulgence,
d'un être en perpétuelle guerre
contre médiocrité et allégeance.

Tu as su travailler ton expression,
dans un art désormais phagocyté,
excellant au point de faire impression,
bravant les coups bas, la duplicité.

Tes pourfendeurs ont, de guerre lasse,
Reconnu que ton seul et unique tort,
lorsque eux dénonçaient à voix basse,
était de crier bien haut et très fort.

Dans ce métier les amis sont rares!
Comment pouvais-tu croire éperdument,
qu'on peut dénoncer fausseté et tare,
et pouvoir s'en tirer impunément?

Repose en paix, frère de combat,
toi qui, vivant avait forte présence,
on ne t'oubliera jamais ici bas:
présent tu seras malgré l'absence!

(Poème écrit il y a plus de dix ans, en apprenant la mort, trop précoce, d'un excellent ami interprète et bon vivant.)

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 14:26

LA VANITE' DES CHOSES
A quoi bon plastronner, pauvre mortel,
A quoi sert-il d'exhiber ta force?
D'autres que toi, plus forts, plus rebelles,
Ont nourri ces arbres et leurs écorces.

Tu auras beau décrocher la lune,
Rien n'est acquis à ceux de ton espèce,
Ni leur force, ni même leur fortune;
Un jour tu partiras et tu les laisses.

Il n'est pas suffisamment loin, le jour
Où tout commence à faire faux bond,
Où on se retrouve au carrefour,
Menant du vigoureux au moribond.
 
Quand, pour avancer, ta frêle structure
Cherche l'appui des cannes ou des murs...
Quand tous tes muscles, jadis bien tendus,
Pendent flasques, tel un membre repu...
Quand ton humeur puise dans la rage,
Tout ce qu'il lui faut comme courage,
Pour supporter la peine à vivre,
Qu'éprouve ta silhouette ivre,
Qui tangue, très affaiblie par l'effort
De demeurer debout devant la mort...
Tu saisis la vanité des choses,
L'éphémère beauté de la rose,
L'écrasante défaite de naître
Et mourir avant d'avoir pu être!

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 12:11

Je vais vous raconter l'histoire
Des tristes maîtres de la cité,
Qui firent main basse sur l'espoir,
En cultivant l'ambiguïté.

*

Nous étions jeunes, forts et beaux,
Les têtes bourrées d'illusions;
Ils mirent nos rêves en lambeaux,
Semant en nous la confusion.

*

Ils étaient la force brute,
Et pour pouvoir avoir main-mise
Sur tout, menèrent leur lutte
Contre la matière grise.

*

Le système éducatif
Fut leur première revanche,
Car pour régner, ces califes
Prirent pour alliée l'ignorance.

*

Puis de mensonges en promesses,
Ils nous ont tenu en haleine;
Ils ont volé notre jeunesse
Et semé dans nos coeurs la haine.

*

Ils réunirent les conditions
Favorables à notre perte,
Et entreprirent la moisson
D'une récolte encore verte.

*

L'improvisation et l'abus
Jetèrent les bases de la discorde;
Nous payâmes un lourd tribut, 
A d'impitoyables hordes.

*

Le pays devenu peu sûr,
Fut déserté par ses enfants,
Ceux encore là rasent les murs,
Les regards creux de survivants.

*

L'ordre des valeurs inversé,
Le gueux enrichi devint Roi,
Nous errons en rangs dispersés
Parmi des gens sans foi ni loi.

*

Telle est la triste réalité,
Mes frères, victimes de pères
Qui lèguent, comme moralité:
Souffrir et surtout se taire!

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 15:11

 

Je re poste ce poème, pour atténuer l'impact du précédent :)

LA RAGE DE VIVRE
Avec le temps, j'ai compris une chose,
C'est que par peur ou par apitoiement,
La mémoire ne garde de la rose
Que l'image de l'épanouissement.

Le regard qu'on pose, une fois mûr,
Sur la vie et sur les êtres vivants,
Reste aussi jeune et aussi pur
Que les regards qu'on avait à vingt ans.

Je ne connais autour de moi personne,
Parmi ceux dont la vie en est au soir,
Qui, face à la beauté, abandonne
Et se dit qu'il est peut-être trop tard.

Il est toujours un peu tôt, dans nos têtes,
Quoi qu'en pensent les éphémérides ;
Nous rêvons de fugues et de fêtes,
Et ils n'indiquent que le fil des rides.

Différents des autres, nos miroirs
Sont chargés d'indulgence, pour nos yeux
Qui les interrogent avec espoir,
Et qui ne voient que ce qu'on a de mieux.

On cultive toujours la certitude
Qu'on paraît plus jeune que notre âge ;
Ce n'est qu'ainsi qu'on trouve moins rude,
La coexistence avec notre image.

Si notre entourage pouvait nous voir
Avec les yeux qu'on pose sur nous-mêmes,
Il aurait de la peine à croire
Que prendre de l'âge soit un problème.

On ne vieillit pas, on est juste trahi
Par une enveloppe qui peine à suivre
l'âme juvénile, prisonnière, qui crie
Sous les rides sa rage de vivre.

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 15:08

Les ans défilent et passent,
Ces fieffés voleurs de printemps;
Ils gravent sur vous les traces,
des lourds pas cadencés du temps.

Dans un parc, un auguste Monsieur,
assis tranquille dans son coin,
Guettait un soleil capricieux,
les yeux rêveurs, l’esprit bien loin.

Pensif, il avait l'air triste,
Ses yeux fixaient sans rien voir.
Autour de lui rien n'existe,
à part son passé, tout est noir.

Les couples passaient prés de lui,
s'embrassant avec hardiesse;
Son humeur se mit à la pluie,
En se rappelant sa jeunesse.

Il sortit une cigarette,
ne parvint pas à l'allumer;
le vent souffla son allumette,
ses mains se mirent à trembler.

Humectant ses lèvres sèches,
il se tourna vers les enfants,
qui jouaient sous la brise fraîche,
les cheveux mus au gré du vent.

Moins inquiet pour son propre sort,
que pour celui de ces enfants,
il ressentait dans tout son corps,
ce que leur réservait le temps.

Les enfants joueront encore
tandis que lui, solitaire,
Attendra sagement le sort,
dont il est destinataire.

L'existence, cette garce,
Vous fait croire à l'éternité,
Puis vous mène, de farce en farce,
Vers un destin prémédité!

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