10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 17:11

 

A la terrasse d’un café tranquille,

J’attendais en sirotant ma boisson,

Jusqu’à l’extinction des feux de la ville,

Puis rentrai fredonnant une chanson.

 

Une chanson triste de fin d’été,

Langoureuse, de celles qui annoncent

Le début des blues et de l’anxiété,

Après la fin des longues vacances.

 

A cette terrasse de nos amours,

Nous venions à la fin de chaque dîner,

Faire les bilans de fins de parcours

De chacune de nos belles journées.

 

L’été s’étirait à n’en plus finir,

Porteur d’un bonheur pourtant fragile,

Que nous savourions, ivres de plaisir,

Grisés par notre fortuite idylle.

 

Nous nous efforcions chacun de taire

La conscience de l’inéluctable fin,

D’un bonheur dont seuls des célibataires

Pouvaient, libres, explorer les confins.

 

Nous dûmes, meurtris, à terme échu,

Nous rendre à l’amère évidence,

Celle des tristes cupidons déchus,

Qui prennent acte des fins de romances.

 

Je t’accompagnai tôt à la gare,

Après une nuit blanche, les yeux brouillés,

Pleurant un amour trouvé sur le tard,

Après une vie aux deux tiers déployée.

 

Je me retrouvai, en ce premier soir,

Assis tout seul à cette terrasse,

Toi partie, et avec toi mon espoir

D’échapper aux linéaires surfaces.

 

Chacun de nous, à l’heure du retour

Aux plates bonnes vieilles routines,

Doit sourire, même s’il a le cœur lourd…

Elle a aussi son charme, la patine !

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 16:22

 

La langue, alourdie par la pudeur,

Trahit parfois, sans le vouloir, l’esprit.

La mienne, chaque fois qu’il s’agit du cœur,

Fait comme si elle n’avait rien compris.

 

Porté par le plus sublime des airs,

Je m’attelai posément à écrire

Ce que je ressentais pour toi, en vers,

Et les mots que je n’ai pas pu te dire.

 

Cet air qui flotte et me déchire

Les entrailles, mouille mes paupières

Et ébranle un cœur qui déjà chavire,

Dans un corps fou, épris de lumière.

 

En toile de fond, le doux son d’une voix

Cristalline, et la beauté d’un regard

Limpide et profond où je me noie,

Compriment mes sens sans aucun égard.

 

Le cœur, chez certains, est plus éloquent

Que la plus éloquente des tirades ;

C’est l’esprit confus qui lui fait faux bond

Et le condamne à d’inutiles rades.

 

Voici des vers ! Qu’ils te servent de code,

Pour déchiffrer les innombrables non dits,

Qui pèsent sur mon cœur et l’incommodent,

Dans cette interminable comédie !

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 10:51

 

Certains humains sont pauvres à un point tel,

Qu’ils n’ont rien d’autre que leurs richesses ;

D’autres, moches dedans, n’ont de belle

Que la forme des traits de leurs faciès.

 

Quand on n’a rien d’autre à faire valoir,

Que de superficielles apparences,

Et qu’on a la faiblesse de croire

Que la forme peut faire la différence…

 

Quand on vit avec pour seul bagage

Des masses d’argent, bien ou mal acquis,

Et que le niveau et le langage,

Sont en dessous du minimum requis…

 

Quand on n’a même pas la décence

De laisser parler plus docte que soi ;

Qu’on affiche fièrement son ignorance,

Sa prétention et sa mauvaise foi…

 

Quand, dégoûtés, les autres s’effacent

D’eux-mêmes, vous laissant le champ libre,

Et qu’heureux, vous occupez leur place,

Faussant l’ordre des choses et l’équilibre…

 

Quand vous arborez, forts de vos tares,

Le rire béat des crétins satisfaits,

Et que vous traversez la vie en star,

Vous laissez tout le monde stupéfait !

 

Alors j’invoque le dicton arabe :

Qui dit : si tu manques de décence,

Peu importe que tu sois gueux ou nabab,

Tu es capable des pires insolences !

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 11:27

 

Dors bien, mon cher ange, je suis là, je veille

A ce que rien ne dérange, ton bon sommeil.

Dors, chair de ma chair, second souffle libéré,

Second cœur sur terre, d’un père désœuvré,

Dans un monde sans merci, au futur incertain,

Dont l’unique souci est d’accroître ses gains,

Et où nous les précaires, n’avons que nos yeux,

Pour pleurer puis taire d’être oubliés de Dieu.

Dors, pauvre légataire d’un triste sort congénital,

Je n’ai que des prières, comme barrière au mal.

Prélève ta part d’air, pollué, j’en suis navré,

Sous le regard d’un père, triste de te livrer

A une vie périlleuse pour sa descendance,

Où les aînés creusent des tombes pour l’enfance.

Dors, sous mes yeux brouillés, de larmes coupables

Pour avoir oublié d’agir en responsable…

T’avoir donné le jour en cet hiver des cœurs,

Sous des cieux bien lourds, féconds de cris et de pleurs.

Ta mère dors, tranquille, non loin de ton berceau,

Rabattant ses cils, sur un regard pur et beau,

Convaincue que le mâle, dont son cœur s’est épris,

Est à l’épreuve des balles, par ces temps pourris.

J’ai honte de ployer, sous cette charge lourde

Et de devoir te confier, cette douleur sourde.

Le sommeil boude mes yeux, à l’heure des bilans,

Je me tourne vers Dieu, dans un dernier élan,

Pour qu’il vous protège, toi et ta tendre mère,

Des innombrables pièges, dressés sur cette terre.

Vous êtes le seul but qui me retient debout,

Dans cette âpre lutte où pleurer est tabou.

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 11:11

 

Plus de conquêtes, ni de cœur conquis,

Résolut un cœur blasé, replié,

Las d’être bien souvent pris pour acquis,

Et de finir maintes fois fendillé.

 

Il réapprenait à faire abstraction

Des yeux fatals et des belles d’été,

Et de bien d’autres grandes tentations.

Seul, Il retrouvait sa sérénité.

 

Apaisé, sa vie redevenait belle,

Et son quotidien riche et porteur.

Sans contraintes, le bonheur est réel,

Pour peu qu’on sache maîtriser son cœur.

 

Le sourire à l’épreuve des balles,

Il devint une oreille attentive,

Tendue à ceux et celles qui ont mal

Et une source d’énergie positive.

 

La vie valait de nouveau d’être vécue.

La paix intérieure était à ce prix,

Sans vainqueur, il n’y a pas de vaincu,

Et sans défaite, le cœur refleurit.

 

D’un pas allègre, il traversait la vie,

Heureux, à chaque réveil, d’être vivant,

Libre de toutes les aliénantes envies,

Que suscitent les regards captivants.

 

Il fallait compter sans un cœur meurtri,

Celui d’une âme qui a trop souffert ;

A qui il tendit la main, attendri,

Et qui allait être son énième revers.

 

Son regard, délavé par les larmes,

Surplombait une âme des plus pures,

Et malgré sa tristesse, son charme,

Eut sur son cœur un impact des plus durs.

 

L’attendrissement allait se muer,

A son corps défendant, en sentiments,

Pareils à ceux qui faillirent tuer

Son frêle cœur accessible aux tourments.

 

Le temps, pour son cœur, de se ressaisir,

Il était trop tard, cette déferlante

Des sens, ne lui laissa nul autre loisir

Que celui d’aimer celle qui le hante.

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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 10:42

 

Un rosier de chine resplendissant,

Grandit entouré des plus grands soins,

Parmi les boutons de roses naissants,

Il en donna un, plus beau et de loin.

 

Le jardinier, un monsieur d’âge mûr,

Ne vivait que pour voir s’ouvrir son cœur,

Pour humer son parfum avec l’air pur

En récompense de son dur labeur.

 

Tout son amour laissait indifférent

Le beau bouton de rose tant aimé ;

Il eut beau le supplier en pleurant,

Celui-ci lui garda son cœur fermé.

Les autres boutons lui rendirent l’amour,

L’accueillant à pétales déployés ;

Ils s’épanouirent pour lui au fil des jours,

Et devinrent les roses les plus choyées.

 

Le jardinier n’étant pas à son goût,

Le bouton attendit, à cœur bridé,

Qu’un visage frais au regard plus doux,

Vienne le pousser à se décider.

 

Vint à passer le fils du jardinier,

Sapé tel un roi, pour un rendez-vous,

Par un splendide matin printanier,

Entre le rosier et un carré de choux.

 

Il s’arrêta à deux pas du bouton,

Et alluma une cigarette,

Le bouton s’ouvrit alors, tout content

Offrant un cœur à la dorure parfaite.

 

Le jeune homme, séduit par sa beauté,

Se pencha et sans une prière,

Fit preuve d’un comble de cruauté,

En le mettant à sa boutonnière.

 

Un bon jardinier ou un bellâtre ?

Nul ne sait où est son bien à coup sûr.

Un fruit ferme peut avoir un goût saumâtre ;

La douceur est souvent dans les fruits mûrs.

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 14:48

 

Il est, pour cupidon, impossible

D’atteindre dans le brouillard sa cible !

Il est dans l’ordre naturel des choses,

Que les poètes courtisent les roses !

Soyez-en sûre, majestueuse reine,

Le poète n’écrit que ses joies et peines.

Ce n’est pas pour autant la fin du monde,

Si pour vous aussi le cœur commande.

Aimer est quelque fois une fin en soi,

Un aveu, une déclaration de foi…

Et si jamais ça reste sans écho,

Aimer pour aimer… quel noble crédo !

Le plus bel hommage à la femme

Est que l’homme lui déclare sa flamme.

Mais il arrive que son cœur soit pris,

Alors qu’il garde présent à l’esprit

Qu’il ne suffit pas de crier son amour,

Pour espérer être payé de retour.

Il arrive souvent que l’aventure

Qu’on lit, en filigrane dans des yeux purs,

Ne peut pas toujours être concrétisée,

Lorsque la vie de l’autre est balisée.

Il convient alors de convaincre son cœur

Qu’il faut n’être qu’ami avec l’âme sœur.

Prions pour le salut des cœurs épris,

Qui souffrent, pour ne pas l’avoir compris !

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 14:36

 

Votre regard est si profond que je m’y noie,

Votre sourire si rayonnant qu’il m’éblouit ;

Je tente d’y résister, mais au fond je crois,

Que votre absence serait pire que la nuit.

 

Qu’ai-je donc fait pour ne croiser que des anges ;

Qu’ai-je fait, pour mériter d’être vulnérable ?

Pourquoi les anges et les roses s’arrangent,

Pour être à chaque fois aussi désirables ?

 

Dans la profondeur de votre regard je vois

La pétulance de votre noble âme ;

Et avec le son cristallin de votre voix,

Je bois votre féminité et je m’enflamme.

 

Pitié pour un cœur faible, prompt à s’emballer,

De grâce, ne braquez pas des yeux aussi doux

Sur l’être faible dont les sentiments voilés,

Risquent de se transformer en un amour fou !

 

Où vous mettez ce cœur dans vos bonnes grâces,

Où vous gardez une distance respectable,

Entre vous et lui, car dans un même espace,

Sans votre amour, il se sent misérable !

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 17:09

 

Allongé seul sur le sable,

Un rêveur perd le sourire ;

Il se sent un peu coupable

D’avoir laissé sa belle partir.

 

Elle était là, rayonnante,

Le regard doux tel du velours ;

Un timbre de voix qui chante,

Des lèvres conçues pour l’amour.

 

Il reportait tout pour demain,

Et voyait s’éteindre ses rêves,

Au fil des années, un à un,

Dans une vie déjà trop brève !

 

Sa vie était celle d’un timide,

Qui aimait du bout du regard ;

Hélas, le temps qu’il se décide,

Il est souvent un peu trop tard !

 

Pendant que le monde s’amuse,

Il est là à ronger son frein,

En attendant sa vie s’use,

De routine en tristes refrains.

 

Que lui reste-t-il, à présent,

A part faire preuve de patience

Et rêver d’elle, en espérant

Avoir une seconde chance ?

 

Les estivants, heureux, s’affolent

Autour de son humeur chagrine ;

Il fait gris sous son parasol,

Et encore plus gris sur sa mine.

 

Quoi de plus triste qu’un mortel !

Il cumule les erreurs et torts,

Rate les manches puis les belles,

Puis s’apitoie sur son propre sort.

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 15:49

 

Un être brisé, peu ordinaire

Est soudain apparu sur mon chemin ;

Une rose tourmentée mais solaire,

Qui a cessé de croire aux lendemains.

 

De beaux yeux noyés de mélancolie,

Qui racontent, muets, les coups reçus

Et un espoir, hélas enseveli,

A force d’être trahi, d’être déçu.

 

Un ange, victime des vilénies

De ceux, sans scrupules, qui sévissent

Contre ceux que le Bon Dieu a bénis

En les dotant d’atouts qui ravissent.

 

Une rose aux pétales en lambeaux,

Qui panse ses blessures et souffre

D’être un serin, victimes de corbeaux,

Qui l'ont précipité dans un gouffre.

 

Cette princesse qui évoque l’espoir,

Fermait les yeux et se laissait couler,

Comme si l'horizon était tout noir,

Pour avoir souffert plus qu’il n’en fallait.

 

Les âmes sensibles sont plus fragiles,

Les moindres coups subis les affectent ;

Alors ils en profitent, les imbéciles,

Pour en faire leurs cibles directes.

 

Nos yeux se croisèrent et je me dis,

Que rien ne méritait d’être sauvé,

Plus que ce bel oiseau de paradis,

Cette fleur dont tout cœur pouvait rêver.

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