18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 16:13

A leurs moments de puissance,

Ils sont injustes, les hommes ;

Leur morgue frôle l’indécence.

Souvent ils oublient qui nous sommes.

 

Les hommes naissent désarmés,

Leur force n’est qu’apparence ;

Mais comme ils adorent frimer,

Ils brandissent leurs excroissances.

 

De la vie ils portent les graines,

Mais n’en sont que dépositaires ;

Elles mourraient sous leurs bedaines,

Sans le terreau que sont les mères.

 

Ils peuvent, forts de leurs physiques,

S’ils veulent, nous rouer de coups,

Mais il n’y a rien d’héroïque,

Dans le fait d’uriner debout.

 

Ils font tout pour paraître forts,

Mais un constat est évident :

La plupart, malgré leurs efforts,

Demeurent d’éternels perdants.

 

La femme en a le mode d’emploi ;

Au pied du mur, ces grands enfants,

De prédateurs deviennent proies,

Victimes de l’espace et du temps.

 

Ils ne sont rien, nos compagnons,

Sans l’épouse et la maman,

L’exutoires et péché mignon,

Le refuge dans les durs moments !

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 12:20

L’heure du rendez-vous approche,

Je me dirige vers la fin ;

Voici déjà sonner les cloches

Annonciatrices du tocsin.

 

Je vous laisse la patience

Et les vaines philosophies ;

Je n’ai que faire du silence,

Laissez-moi me saouler de bruit.

 

Mes chers amis, vous avez tort

De cultiver la sagesse,

Au lieu de vivre, car la mort

Se nourrit de vos faiblesses.

 

Elle m’a déjà prise par la main

Et je sens qu’elle s’impatiente ;

Ne me parlez ni de demain,

Ni de vivre de mes rentes !

 

Aidez-moi plutôt à rire…

Je voudrais rire aux éclats,

Et si demain je dois mourir,

Ce sera d’un sourire béat.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 11:49

Des comme toi, il y en a plein,

Qui grimpent puis brûlent l’échelle.

Tu es parti de moins que rien ;

Comment peux-tu être si cruel ?

 

Je m’interroge, en te voyant

Avec la santé qui recule,

Les yeux flétris, le geste lent,

L’estomac qui fait des bulles…

 

Que de talents tu as brisés ?

Ta langue fut une vraie faux ;

Ta carrière est balisée

Par les impacts de tes défauts.

 

Qu’as-tu gagné, d’avoir sévi

Ta vie durant contre tes semblables ?

As-tu vraiment cru que la vie,

Pour toi, serait plus durable ?

 

Te voilà, en fin de parcours,

Puissant mais désormais fragile,

Vivant ton reliquat de jours,

Dans un faste bien stérile.

 

Tu vis en quête d’un sourire,

Que tu ne trouves chez personne,

Parce ce que tu fus l’un des pires ;

Pourvu que Dieu te pardonne !

 

La gloire n’est pas éternelle,

Tout a un début et une fin ;

Nous ne sommes que des mortels,

La puissance est sans lendemain.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 17:12

L’été patauge dans la boue,

L’hiver se dore au soleil ;

Tous nos espoirs meurent debout,

En ces saisons toutes pareilles !

 

Où sont passés nos vrais printemps,

Ceux des rosiers tous en boutons,

Et des terriens humbles et contents,

Qui vivent les cœurs palpitants ?

 

Pitié pour nous, belle saison,

Les hommes ont perdu la raison,

Ils détruisent leurs maisons

Puis se confondent en oraisons.

 

Qu’avons-nous fait, pour mériter

De vivre l’hiver en été ?

Voir une saison empiéter

Sur l’autre, a de quoi inquiéter !

 

Serions-nous tous devenus fous,

Pour mettre l’avenir au clou

Et ne penser rien qu’au présent,

Dans un milieu agonisant ?

 

L’ère est aux bronches fragiles,

A cause de quelques imbéciles

Qui ne reculent devant rien,

Et coulent le monde pour du gain.

 

L’air saturé de métaux lourds,

A rendu rauques tous les cris,

Tombés dans l’oreille des sourds,

Qui polluent et semblent surpris.

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 17:48

Trois cavaliers arabes, un jour galopèrent,

Jusqu’au bord d’une calme Méditerranée,

Pendant un moment, leurs regards se fixèrent

Sur la rive qu’ils avaient jadis abandonnée.

 

Les yeux de l’aîné se brouillèrent de larmes,

En se remémorant les tristes souvenirs

D’un Eden d’où ils furent chassés par les armes,

Après en avoir fait la vitrine d’un empire.

 

Ils durent quitter l’Andalousie encore enfants,

Laissant derrière eux un paradis terrestre ;

Vautrés dans les fastueux palais, leurs parents,

Ramollis, laissèrent leurs biens sous séquestre.

 

Les roitelets n’eurent d’autres loisirs que pleurer,

Des royaumes qu’ils n’avaient pas su défendre,

A la reconquête, ces mollassons apeurés,

Ne pouvant les défendre, durent les rendre.

 

Les indignes fils des fiers guerriers conquérants,

Se sont ainsi indignement laissés surprendre.

Les nabots succèdent, hélas, parfois aux géants,

Aussi vrai que des flammes naissent les cendres !

 

L’erreur est toujours de prendre tout pour acquis,

Le faste et la luxure tuent la passion.

Faute de défendre ce que les pères ont conquis,

La descendance devint la risée des nations.

 

Après avoir fondé la Mecque du savoir,

En territoire ibérique, les musulmans

Avaient fini, de déboires en déboires,

Par être haïs de tous viscéralement.

 

Oubliant la décadence dont ils sont le produit,

Et incapables de tirer les enseignements

Des erreurs passées, ils répliquent aujourd’hui

Les roitelets des originels égarements.

 

Ils sont aujourd’hui d’une richesse indécente,

Mais d’une révoltante pauvreté mentale,

Être assimilé à eux, en plus de faire honte,

Est un handicap qui fait affreusement mal.

 

Mortifiés, les cavaliers rebroussèrent chemin,

Le dos vouté par un opprobre tenace,

Un lourd passif qui pèse sur leurs lendemains,

Une débâcle cuisante dont ils portent les traces.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:47

Entre le froid et l’été, la saison hésitait.

Pendant ce temps là et jusqu’à la nuit noire,

Sous de bas nuages, le soleil clignotait,

Et avec lui, clignota puis mourut l’espoir.

 

Dans un bourg endormi, pleurait un amoureux,

Celle qu’il aimait avait choisi son cousin.

La belle qui avait nourri ses rêves bleus,

Va partir vivre dans un village voisin.

 

Un homme, le cœur brisé, cachait ses sanglots

A l’orée d’une rivière, dans l’obscurité ;

Ses larmes abondantes, s’ajoutaient aux flots

Gonflés par l’eau des neiges, à proximité.

 

Une brise légère glaçait ses joues mouillées,

Epongées de la manche du beau costume,

Qu’il avait gardé en réserve, pour s’habiller

Le jour du mariage, comme le veut la coutume.

 

Invité, comme à ses propres funérailles,

Il s’était sauvé au milieu de la fête,

Pour cacher le chagrin qui mordait ses entrailles

Et cuver tout seul son amère défaite.

 

Que lui restait-il à perdre, ayant perdu

Celle qui était son étoile polaire ?

Vivre est toujours le vœu muet du pendu ;

Aimer, est celui de l’amour qu’on doit taire !

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 16:44

On a mis, de nos jours…

La vie entre guillemets.

On tue tout, même l’amour…

Chez ceux qu’on a aimés ;

On tue ce qu’on touche…

La faune et la flore,

Morveux, on se mouche…

En souillant d’autres corps.

Vivre c’est autre chose…

Que se faire la guerre,

Il faut marquer une pause…

Apprendre à nous taire !

Réapprendre à aimer…

Réinventer les sens,

Plus brûlants que jamais…

A frôler la démence ;

Découvrir le toucher…

Conjuguer les caresses,

Finir le soir couché…

Aux confins de l’ivresse ;

Remettre à flot nos âmes…

Que la vie a noyées,

Raviver les flammes…

De nos tristes foyers.

Il faudrait exalter…

Ce qu’on a de plus noble,

La tendresse, la bonté…

Pas les penchants ignobles !

Qui combat l’impuissance…

En recourant aux armes,

N’a que piètre jouissance…

Et meurt baigné de larmes.

Même platoniques…

Les étreintes soulagent

Les accès de panique…

Les impuissantes rages !

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 18:03

Heureux l’homme qui, en rentrant le soir,

Trouve quelqu’un comme toi qui l’attend ;

Sourire aux lèvres, porteuse d’espoir,

L’étreinte plus forte qu’un remontant !

 

Béat celui qui a ton épaule,

En rentrant, pour appuyer sa tête,

Ton oreille attentive, bénévole,

Et sur sa table de chaudes assiettes !

 

Tes yeux ont la douceur d’un beau songe !

Comment la solitude, de nos jours,

Peut-elle exister, alors que des anges,

Nés pour être aimés, manquent d’amour ?

 

Qu’est-ce qui fait qu’une terre fertile,

Capable des meilleures récoltes,

Puisse subir des jachères inutiles,

Sans susciter aucune révolte ?

 

L’amour doit avoir déserté les cœurs.

L’opacité a gagné les regards,

Au fil des époques et des douleurs ;

L’autre n’a désormais plus droit aux égards.

 

Animaux domestiques et peluches

Ont remplacé la chaleur humaine ;

La nuit venue on fait comme l’autruche,

La tête sous les draps, on cuve sa peine.

 

Pourtant, quoi de plus beau qu’une étreinte,

Lorsqu’aller de l’avant se fait très dur ?

Quoi de plus apaisant, contre la crainte

De perdre son souffle, qu’un compagnon sûr ?

 

Sommes-nous devenus tellement nombreux

Qu’à partir de deux, le pluriel est craint ?

Pourtant, il fut un temps où être deux

Voulait dire qu’on ne formait plus qu’un !

 

Mes amis, quelle triste mutation

Nous autres humains avons dû subir,

Pour préférer vivre seul, sans affection,

Plutôt que d’avoir quelqu’un à chérir ?

 

La peine à vivre serait moins lourde,

Si on se met à deux pour la porter ;

Et les douleurs muettes et sourdes,

Beaucoup moins difficiles à supporter !

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 11:37

We grew up together

In a remote village;

Birds of different feather,

Dreams of the same age.

 

You tried to teach me life,

You, little innocent dove;

We played husband and wife…

But were just kids in love.

 

All we had was a smile

Coming from deep inside,

A heart devoid of guile

And curious minds open wide.

 

I was young, full of hope,

And trustful of mankind;

I was aiming at the top…

Mine was a peaceful mind.

 

Who could tell from the start

That life has always its say?

Years later, we had to part:

A price love could never pay!

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 20:39

J’ouvre les yeux, après un long sommeil,

Je ne sens plus mes membres inférieurs ;

Serait-ce là mon avant-dernier réveil ?

N’emporte-t-on donc rien, à part sa peur ?

 

J’étouffe, je sens se serrer mes côtes,

Mes forces peu à peu m’abandonnent ;

Je n’ai souvenance que de mes fautes…

Je crois que la faucheuse m’espionne !

 

Il fait un peu trop froid, pour la saison…

Serait-ce la mort, ou c’est le climat

Qui, comme ma tête, perd la raison

Et me fait glisser vers l’anonymat ?

 

Le lit est très haut, le plafond trop bas…

Je sens sa froideur peser sur mon cœur ;

La vie m’impose ce dernier combat,

A armes inégales ; en deux couleurs.

 

D’habitude, à pareille heure,

Il n’y a pas que du noir et du blanc ;

Les rayons de soleil, avec douceur,

Entrent et soulagent mon corps tremblant !

 

Pourquoi suis-je seul, dans cette pièce ?

Où sont partis mes amis, mes proches,

Mes enfants, mes neveux, mes nièces,

Sont-ils là ? C’est ma vie qui s’effiloche ?

 

Quelqu’un entend-il mes cris de détresse ?

Je me sens glisser… prenez-moi la main !

Je n’ai pas eu ma dose de caresses…

Je ne voudrai pas partir sur ma faim !

 

J’ai froid en plein été, et j’enrage

De partir sans un rayon de soleil,

Sans faire un dernier tour à la plage,

Sans sentir le sable entre mes orteils !

 

Dites-moi que la seconde chance,

Qu’elle refuse de m’accorder ici,

Là-bas, la vie aura la bienveillance

De me l’accorder sous forme de sursis !

 

Dites-moi que ce saut dans le vide,

A des chances d’aboutir quelque part ;

Que ce corps efflanqué et livide,

Ne nourrira pas d’infinies nuits noires !

 

J’aurais voulu partir avec l’esprit serein,

Fort d’une quelconque certitude…

Que cette brève vie… qui ne donne rien,

N’est, en fin de compte, qu’un prélude…

 

J’ai trop mal de devoir partir tout seul,

De laisser derrière moi ceux que j’aime ;

Avec pour unique atour un linceul,

Et l’hypothétique bonheur post-mortem !

 

Qu’il est pesant ce méchant mensonge !

Qu’il est cruel, le bluff du « pour toujours » !

La vie n’est, en somme, qu’un furtif songe,

Dont on se réveille avec le cœur lourd !

 

Adieu, mes amis, adieu mes repères !

La vie ? Quel sale coup porté en traître !

Un coup bas n’est pas de bonne guerre ;

Après tout, qui a demandé à naître ?!

  (EN SOUVENIR D'UN AMI D'ENFANCE MORT JEUNE)

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