RIEN DE CE QUE JE POSTE SUR CE BLOG N'EST PERSONNEL OU AUTOBIOGRAPHIQUE. CES POÈMES NE SONT QUE LE FRUIT DE L'OBSERVATION ET DE L'EMPATHIE...

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Depuis l’âge où ma sainte mère

Souffrit, pour que je puisse voir le jour,

J’ai traîné ma bosse entre ciel et terre

Et trébuché souvent sur mon parcours.

 

J’ai tantôt atteint le comble du bonheur,

Tantôt composé avec la galère,

Mais les moments les plus chers à mon cœur,

Ne sont pas forcément ceux solaires.

 

Je couve au fond de moi les rêves

Qui, démuni, m’avaient tenu au chaud,

Lorsqu’en hiver, le pauvre élève,

Que j’étais grelottait sous son manteau.

 

Je me souviens du temps où, jeune recrue,

J’avais touché mon premier salaire,

Et qu’heureux j’arpentais les rues,

Me demandant ce que j’allais en faire…

 

Le souvenir du premier rendez-vous,

Alors que j’avais cessé d’y croire ;

Les retrouvailles et le plaisir fou

D’un tendre baiser, à la tombée du soir…

 

Vingt ans, à la lueur d’un feu de camp,

En bonne compagnie, sur le sable,

Repensant le monde, l’œil provoquant,

Tendre tel un ange, beau tel un diable.

 

Les plaisirs simples sont les plus marquants,

On en garde le souvenir gravé ;

Et c’est bien plus tard, en les évoquant,

Qu’on se surprend, ému, à en rêver.

 

La beauté ineffable d’un hier

Passé trop vite, ignorant nos vœux,

Laisse des tas de souvenirs derrière

Et une infinie langueur dans les yeux.

 

Hier t’appartient, par le souvenir,

Il peuple les moments creux du présent ;

Demain, par contre, reste à venir,

Et, de ce fait, défie toute raison.

 

Le passé sert à aller de l’avant,

Pour celui qui convoite l’avenir,

Vers les lumières d’un soleil levant,

Ou celles d’un soleil prêt à partir.

 

Hier… oui, hier c’était encore maintenant,

Du présent qui tricotait du passé ;

Hier… bel hier perdu au tournant,

D’une multitude de rêves entassés.

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