20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:47

Entre le froid et l’été, la saison hésitait.

Pendant ce temps là et jusqu’à la nuit noire,

Sous de bas nuages, le soleil clignotait,

Et avec lui, clignota puis mourut l’espoir.

 

Dans un bourg endormi, pleurait un amoureux,

Celle qu’il aimait avait choisi son cousin.

La belle qui avait nourri ses rêves bleus,

Va partir vivre dans un village voisin.

 

Un homme, le cœur brisé, cachait ses sanglots

A l’orée d’une rivière, dans l’obscurité ;

Ses larmes abondantes, s’ajoutaient aux flots

Gonflés par l’eau des neiges, à proximité.

 

Une brise légère glaçait ses joues mouillées,

Epongées de la manche du beau costume,

Qu’il avait gardé en réserve, pour s’habiller

Le jour du mariage, comme le veut la coutume.

 

Invité, comme à ses propres funérailles,

Il s’était sauvé au milieu de la fête,

Pour cacher le chagrin qui mordait ses entrailles

Et cuver tout seul son amère défaite.

 

Que lui restait-il à perdre, ayant perdu

Celle qui était son étoile polaire ?

Vivre est toujours le vœu muet du pendu ;

Aimer, est celui de l’amour qu’on doit taire !

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 16:44

On a mis, de nos jours…

La vie entre guillemets.

On tue tout, même l’amour…

Chez ceux qu’on a aimés ;

On tue ce qu’on touche…

La faune et la flore,

Morveux, on se mouche…

En souillant d’autres corps.

Vivre c’est autre chose…

Que se faire la guerre,

Il faut marquer une pause…

Apprendre à nous taire !

Réapprendre à aimer…

Réinventer les sens,

Plus brûlants que jamais…

A frôler la démence ;

Découvrir le toucher…

Conjuguer les caresses,

Finir le soir couché…

Aux confins de l’ivresse ;

Remettre à flot nos âmes…

Que la vie a noyées,

Raviver les flammes…

De nos tristes foyers.

Il faudrait exalter…

Ce qu’on a de plus noble,

La tendresse, la bonté…

Pas les penchants ignobles !

Qui combat l’impuissance…

En recourant aux armes,

N’a que piètre jouissance…

Et meurt baigné de larmes.

Même platoniques…

Les étreintes soulagent

Les accès de panique…

Les impuissantes rages !

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 18:03

Heureux l’homme qui, en rentrant le soir,

Trouve quelqu’un comme toi qui l’attend ;

Sourire aux lèvres, porteuse d’espoir,

L’étreinte plus forte qu’un remontant !

 

Béat celui qui a ton épaule,

En rentrant, pour appuyer sa tête,

Ton oreille attentive, bénévole,

Et sur sa table de chaudes assiettes !

 

Tes yeux ont la douceur d’un beau songe !

Comment la solitude, de nos jours,

Peut-elle exister, alors que des anges,

Nés pour être aimés, manquent d’amour ?

 

Qu’est-ce qui fait qu’une terre fertile,

Capable des meilleures récoltes,

Puisse subir des jachères inutiles,

Sans susciter aucune révolte ?

 

L’amour doit avoir déserté les cœurs.

L’opacité a gagné les regards,

Au fil des époques et des douleurs ;

L’autre n’a désormais plus droit aux égards.

 

Animaux domestiques et peluches

Ont remplacé la chaleur humaine ;

La nuit venue on fait comme l’autruche,

La tête sous les draps, on cuve sa peine.

 

Pourtant, quoi de plus beau qu’une étreinte,

Lorsqu’aller de l’avant se fait très dur ?

Quoi de plus apaisant, contre la crainte

De perdre son souffle, qu’un compagnon sûr ?

 

Sommes-nous devenus tellement nombreux

Qu’à partir de deux, le pluriel est craint ?

Pourtant, il fut un temps où être deux

Voulait dire qu’on ne formait plus qu’un !

 

Mes amis, quelle triste mutation

Nous autres humains avons dû subir,

Pour préférer vivre seul, sans affection,

Plutôt que d’avoir quelqu’un à chérir ?

 

La peine à vivre serait moins lourde,

Si on se met à deux pour la porter ;

Et les douleurs muettes et sourdes,

Beaucoup moins difficiles à supporter !

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 11:37

We grew up together

In a remote village;

Birds of different feather,

Dreams of the same age.

 

You tried to teach me life,

You, little innocent dove;

We played husband and wife…

But were just kids in love.

 

All we had was a smile

Coming from deep inside,

A heart devoid of guile

And curious minds open wide.

 

I was young, full of hope,

And trustful of mankind;

I was aiming at the top…

Mine was a peaceful mind.

 

Who could tell from the start

That life has always its say?

Years later, we had to part:

A price love could never pay!

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 20:39

J’ouvre les yeux, après un long sommeil,

Je ne sens plus mes membres inférieurs ;

Serait-ce là mon avant-dernier réveil ?

N’emporte-t-on donc rien, à part sa peur ?

 

J’étouffe, je sens se serrer mes côtes,

Mes forces peu à peu m’abandonnent ;

Je n’ai souvenance que de mes fautes…

Je crois que la faucheuse m’espionne !

 

Il fait un peu trop froid, pour la saison…

Serait-ce la mort, ou c’est le climat

Qui, comme ma tête, perd la raison

Et me fait glisser vers l’anonymat ?

 

Le lit est très haut, le plafond trop bas…

Je sens sa froideur peser sur mon cœur ;

La vie m’impose ce dernier combat,

A armes inégales ; en deux couleurs.

 

D’habitude, à pareille heure,

Il n’y a pas que du noir et du blanc ;

Les rayons de soleil, avec douceur,

Entrent et soulagent mon corps tremblant !

 

Pourquoi suis-je seul, dans cette pièce ?

Où sont partis mes amis, mes proches,

Mes enfants, mes neveux, mes nièces,

Sont-ils là ? C’est ma vie qui s’effiloche ?

 

Quelqu’un entend-il mes cris de détresse ?

Je me sens glisser… prenez-moi la main !

Je n’ai pas eu ma dose de caresses…

Je ne voudrai pas partir sur ma faim !

 

J’ai froid en plein été, et j’enrage

De partir sans un rayon de soleil,

Sans faire un dernier tour à la plage,

Sans sentir le sable entre mes orteils !

 

Dites-moi que la seconde chance,

Qu’elle refuse de m’accorder ici,

Là-bas, la vie aura la bienveillance

De me l’accorder sous forme de sursis !

 

Dites-moi que ce saut dans le vide,

A des chances d’aboutir quelque part ;

Que ce corps efflanqué et livide,

Ne nourrira pas d’infinies nuits noires !

 

J’aurais voulu partir avec l’esprit serein,

Fort d’une quelconque certitude…

Que cette brève vie… qui ne donne rien,

N’est, en fin de compte, qu’un prélude…

 

J’ai trop mal de devoir partir tout seul,

De laisser derrière moi ceux que j’aime ;

Avec pour unique atour un linceul,

Et l’hypothétique bonheur post-mortem !

 

Qu’il est pesant ce méchant mensonge !

Qu’il est cruel, le bluff du « pour toujours » !

La vie n’est, en somme, qu’un furtif songe,

Dont on se réveille avec le cœur lourd !

 

Adieu, mes amis, adieu mes repères !

La vie ? Quel sale coup porté en traître !

Un coup bas n’est pas de bonne guerre ;

Après tout, qui a demandé à naître ?!

  (EN SOUVENIR D'UN AMI D'ENFANCE MORT JEUNE)

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 10:48

Idiot qui ne sait lire

Dans notre silence,

La rage qu’il inspire

Et l’indifférence !

Taré qui croit notre ire

Un feu de circonstance

Et persiste à sévir

Sans aucune méfiance !

 

Qui fait l’erreur de prendre

La bonté pour acquise,

De croire l’honneur à vendre

Et l’amitié soumise,

Finira par comprendre

Que le feu qu’il attise

Réduira en cendres

Ses propres bêtises.

 

Qui a la faiblesse

De croire durable,

Notre gentillesse

Et nos sourires aimables,

Ignore que lorsqu’on blesse

Les personnes fiables

On fait de la noblesse

Une denrée périssable.

 

Qui traverse le temps

En semant la douleur

Parmi les braves gens

Et dans les pauvres cœurs,

Ne pourra pas longtemps

Faire l’enquiquineur,

Car il paiera comptant,

Un jour ou l’autre, leurs pleurs.

 

La chaleur que diffuse

Un gentil cœur aimant,

Meurt au fil des excuses,

Au fil des louvoiements ;

Qui s’adonne aux ruses,

N’en profite qu’un moment,

Car la patience s’use

De mensonge en tourment.

 

Qui fait des promesses,

Doit pouvoir les tenir,

La pire des faiblesses,

C’est de devoir mentir.

Revoyons à la baisse

Nos penchants et désirs,

Et ayons la sagesse

De ne personne férir.

 

Pour que la petitesse

Puisse se sentir grande,

Parfois, la noblesse

S’offre en offrande,

Et lâche les laisses

Qui servent de commandes,

Se croyant tigresses,

Les chattes alors grondent.

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 05:40

Près d’un ruisseau qui chante

La vie avec l’oiseau,

Une fleur dormante,

Gardait ses pétales clos.

 

Elle n’était qu’une graine,

Lorsqu’un facétieux vent,

L’éloigna de la plaine

Où elle était avant.

 

Coupée de son terreau,

Elle germa quand même,

Mais seule, le cœur gros,

Elle couvait son problème.

 

Un jour une abeille

Destinée à son cœur,

La tira du sommeil

Séduite par sa douceur.

 

Elle bourdonna autour

De son petit pétiole,

Et à la fin du jour,

Dormit sur sa corolle.

 

Au p’tit matin, la fleur

En eut la tête lourde ;

Mais garda clos son cœur

Et fit l’oreille sourde.

 

Les rayons du soleil

La surprirent juchée,

Grelottant au réveil,

Transie, loin du rucher.

 

Une larme coula

De ses yeux engourdis,

Et, lentement roula

Jusqu’au cœur assourdi.

 

Attendri, le cœur d’or

De la fleur solitaire,

S’ouvrit au pauvre corps

De l’abeille grabataire.

 

De ce fécond rapport,

Allaient naître plus tard

Des boutons beaux et forts,

Qui séduisent le regard.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 07:49

Pleurons ensemble, mes amis,

Tout le mal fait à la Syrie !

Après l’Irak, mis à genoux,

Où plus rien n’est resté debout,

Et la Libye réduite en cendres,

Incapable de se défendre,

La mise en scène se prépare,

Pour achever ce peuple épars.

Sur le chemin du nouvel Ordre,

Seule la Syrie fait désordre.

Ce pays blessé se relève,

Alors il faut qu’on l’achève !

On prétexta le nucléaire,

Pour faire à l’Irak la guerre ;

Pour la Libye il a suffi,

Comme prétexte, d’un Kadhafi.

On cible d’abord une base

Puis on l’attaque, on la rase.

Un pays entier, souverain,

Sous prétexte de gaz sarin,

Est en train d’être agressé

Par un lobby intéressé ;

Ce même gaz qu’avaient fourni

Aux rebelles, les Etats-Unis,

Qui nous prennent pour des imbéciles,

Sert d’excuse à un chef débile !

Personne n’est bête, pour croire

Leurs prétextes et leurs bobards !

Les enfants palestiniens morts,

Ne suscitent aucun remord ;

Ceux de Burma les laissent froids,

Quand ils n’ont que la mort pour choix ;

Et ils jouent aux cœurs meurtris,

Pour des gosses morts en Syrie ?

Nous savons, bandes de voleurs,

Qu’il bat pour leur or, votre cœur ;

La démocratie, elle, ne sert

A vos lances que comme fer.

Ne vous étonnez pas, alors,

Si vos victimes vous font du tort !

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 15:58

Viens, ma belle, trouvons-nous un petit coin

A l’abri de la gêne et des regards ;

Un endroit moins hostile et pas très loin,

Où il fera chaud, quand viendra le soir.

 

Il ne reste plus de place pour nous

Dans les avenues et les boulevards.

Le message est clair ; nous gênons partout,

Même dans le métro et les gares.

 

Tu as vu, quand on s’était arrêtés,

Non loin de l’entrée du grand restaurant,

Où l’orchestre jouait l’air qu’on chantait

Du temps où, jeunes, on rêvait en pleurant.

 

Circulez, pépé, vous nous dérangez !

Avait lancé un blanc bec, l’air moqueur ;

Ici, nous ne servons pas à manger

Aux couples errants et aux maraudeurs.

 

Qu’en sait-il, lui, de ce couple errant

Qu’il voit aujourd’hui, en fin de parcours ?

Sait-il que nos enfants, une fois grands,

Ont placé la distance entre nos amours ?

 

S’il pouvait savoir que nous fûmes heureux

Et coulions, tranquilles, des jours paisibles,

Avant qu’un sort cruel et facétieux

Ne prenne notre famille pour cible…

 

Peut-être aurait-il eu plus d’égards

Pour l’auguste couple de citoyens,

En lequel il ne vit que des vieillards

Encombrants et qui ne servent à rien !

 

Désormais, dans les regards et les cœurs

Il y a, pour nous, très peu de place ;

Viens, chère compagne et âme sœur,

Épargnons-leur l’éloquence de nos faces !

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 17:33

Je dois être à court de patience

Et de diplomatiques sourires ;

J’ai épuisé toute mon indulgence

Pour les tares, et je tends à le dire.

 

Je cache mal le dégoût que m’inspirent

Ceux qui sourient quand ils sont en face,

Mais qui sont maîtres dans l’art de médire

Et tuer, puis pleurer sur les carcasses.

 

Des hordes d’incapables sévissent,

Un peu partout, à travers le monde ;

Ils mettent leurs langues au service

Des séants de décideurs immondes.

 

Jamais il n’y a eu, au mètre carré,

Autant de répugnantes immondices,

Et de décideurs incultes et tarés

Qui tirent nos ficelles dans les coulisses.

 

Ce qui me peine aujourd’hui le plus,

C’est que même parmi ceux qui lisent

Ces quelques vers, l’Homo-ignorantus

Me jauge, me juge et m’analyse !

 

Tapis derrière de vaines suffisances,

L’ignorance, de nos jours, fait l’opinion ;

Elle distille et dose les manigances,

Forte de ses réseaux et ses unions.

 

Ils ont proliféré, ces lycaons,

Ont investi nos rues et nos quartiers,

Nos lieux de loisirs et nos professions,

Et se sont installés en vrais rentiers.

 

Assis sur nos passives bienveillances,

Nous n’avons pas vu venir ces cancres,

Qui sont indignes de notre confiance

Et sont plus irréductibles que des chancres !

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