14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 09:16

Ne me regardez pas avec ces yeux

Qui m’effleurent et puis se détournent,

Mal à l’aise, face à des traits vieux ;

Vous vieillirez aussi ; la roue tourne !

 

Comme vous, j’ai moi aussi eu vingt ans,

J’ai réalisé plein de rêves fous ;

J’ai rendu fous d’amour mes soupirants

Et brulé ma chandelle par les deux bouts.

 

J’ai par moment baigné dans le bonheur,

Au point de croire que j’étais éternelle,

J’ai rendu heureux, arraché des cœurs

Et suscité jalousies et querelles.

 

Belle, j’ai eu la faiblesse de croire

Qu’elle ne pouvait qu’être durable,

L’admiration que portaient les regards,

Et sincères les propos aimables.

 

Plus tard, je passai du péché d’orgueil

A la sagesse, au fil des années,

Ayant compris que les joies et les deuils

Sont les deux faces d’une même monnaie.

 

Avec le temps et la prise de conscience,

J’ai vu refroidir les regards épris,

Puis s’épuiser peu à peu la patience

Dont faisaient preuve amants et amis,

 

A présent, l’un de mes vœux les plus chers

Est d’échapper à l’œil qui décourage ;

J’ai encore envie de vivre et faire

Les mêmes folies, peu importe l’âge !

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 05:48

C’est l’hiver, la saison de tous les froids,

Celui du climat et celui des cœurs ;

Qui rendent beaucoup plus lourdes les croix

Des laissés pour compte et des chômeurs.

 

Les sans demeures fixes grelottent,

Et ont un besoin pressant de chaleur ;

J’en ai rencontré un dont les bottes

Baillaient sur des orteils blancs de froideur.

 

Mettons des graines sur le bord des fenêtres,

Et aidons les gens qui vivent dehors ;

Des bêtes tremblent de tous leurs êtres

Et des humains s’exposent à la mort.

 

La plus grande chaleur vient de l’intérieur.

L’âme noble rayonne de bonté ;

Elle s’épanouit et trouve son bonheur

Lorsque son milieu respire la santé.

 

Il existe des âmes mesquines,

Qui préfèrent gaver les décharges

Des restes de douceurs et protéines,

Plutôt que le damné qui vit en marge.

 

Tant qu’il aura des cœurs arides,

Qui vivent repliés sur l’abondance,

Il subsistera des ventres vides,

Des gens frustrés et de la souffrance !

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 16:14

Deux amoureux, au sortir d’une étreinte,

Débattaient gaiement du plaisir des sens,

Chacun soutenant que le sien éreinte

Et, d’extase, fait frôler la démence.

 

Rien n’est égal au plaisir des hommes !

Déclara avec emphase le mâle,

A côté du mien, le tien est un gnome !

Dit-il, en s’affalant dans un râle.

 

Si tu savais, dit-elle, ce qu’on ressent,

Pendant une nuit d’ébats amoureux,

Tu comprendras que jamais un amant

Ne parviendrait à être aussi heureux !

 

Pauvre femme ! Comment une barque

Peut-elle, de joie, égaler un marin ?

Par rapport à la flèche, comment un arc

Pourra-t-il atteindre les cieux divins ?

 

Pour l’homme vous n’êtes que des cibles,

Dans sa fougue, il atteint votre cœur ;

Son plaisir n’en est que plus indicible…

Il est l’étape suprême du bonheur !

 

Crois-moi, votre plaisir est infime,

Comparé au nôtre, nous les femmes ;

C’est un feu d’artifice sublime…

Le vôtre est une pitoyable flamme !

 

Le débat s’étalant, interminable,

Ils durent recourir à l’arbitrage

D’un voisin, un vieillard vénérable,

Fort réputé pour ses conseils sages.

 

Il les écouta pendant un moment,

Plaidant l’un après l’autre sa cause,

Pesa un à un tous leurs arguments,

Ferma les yeux et marqua une pause.

 

Est-ce le doigt, dit-il, ou bien l’oreille

Qu’il gratte, qui prend le plus de plaisir ?

Un doigt, même s’il gratte à merveille,

Ne sert qu’à faire passer le désir !

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 19:36

Le vieux avec lequel ils font du neuf,

Gardant en friche les jeunes talents,

Tue la confiance du peuple dans l’œuf

Et produit des régimes chancelants.

 

Intronisés, des caciques finissants

S’accrochent à des trônes en naufrage ;

Ils ne trompent personne, ces impuissants,

Mis à mal par l’incurie et l’âge.

 

En se considérant indispensables,

Ils insultent notre intelligence,

Agissent de façon irresponsable

Et usent peu à peu notre patience.

 

Ils prennent les gens pour des imbéciles,

Trop dupes, pour constater que leurs proches

Ont fait main basse sur nos bourgs et villes,

Et de nos richesses rempli leurs poches.

 

Qui prend notre silence pour acquis,

Joue avec le feu et nous expose

A d’autres guérillas, d’autres maquis,

Car à trop se contenir on explose !

 

Alors qu’ils fassent preuve de sagesse

Et répriment leurs instincts prédateurs ;

Car s’ils ne sont pas revus à la baisse,

Ils causeront tôt ou tard notre malheur.

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 19:15

Pays de mes tripes, de mon enfance,

Terre pour laquelle des braves sont morts ;

Patrie qui, au prix de mille souffrances,

A mis plus d’un envahisseur dehors…

 

Phénix qu’on empêche de renaître

Des cendres des multiples incendies,

Causés par autrui ou par des traîtres,

Et des nombreux complots qu’on a ourdis.

 

Contrée dont la richesse du sous-sol,

L’emplacement et le climat clément,

Ont toujours suscité pillages et vols

Et ne lui ont valu que des tourments.

 

Comble d’infortune, ses rares répits,

Entre maintes razzias et conquêtes,

Sont exploités par d’indignes fils, tapis

A l’ombre d’un système pique-assiette

 

Puissent ses enfants prendre conscience

Des dangers qui les guettent de partout,

Redoubler d’efforts et de patience

Et placer thamurth au dessus de tout !

 

La peur donnant des ailes aux pillards,

Elle leur fit faire œuvre utile ;

Ils ont bâti avec quelques milliards

Bien plus qu’avec des centaines et des mille.

 

Le moment n’est pas aux révolutions,

Les hyènes affamées guettent la proie ;

Les printemps arabes, comme solution,

S’étant avérés des chevaux de Troie.

 

Laissons aux fruits mûrs le temps de tomber

Et aux consciences le temps de mûrir ;

Les fruits mûrs qui n’auront pas succombé

Avec le temps, finiront par pourrir !

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 10:06

Pitié pour les êtres aux cœurs fragiles,

Dont les sentiments sont à fleur de peau ;

Ils vivent de virtuelles idylles

Et sont vulnérables à ce qui est beau !

 

Il est des amours qui arrachent des larmes,

Qui sont distantes tout en étant proches,

Elles donnent à la vie tout son charme

Bien que plus contendantes que la roche.

 

Il est des regards tellement profonds,

Que le cœur imprudent peut s’y noyer,

Et des cous diaphanes tellement longs

Que les lèvres peinent à s’y déployer.

 

Il est des visages à caresser

Du bout des lèvres, du bout des sens ;

Des présences dont on ne peut se lasser,

Des amours qui évoquent la démence.

 

Il est des anges taquins, sur terre,

Dont le propos serait de tourmenter,

Les cœurs sensibles et solitaires

Lorsqu’il leur arrive de les hanter.

 

Certaines présences angéliques,

Sont parfois source de grande douleur ;

Les inaccessibles rapports idylliques,

Sont de cruelles tentations pour le cœur.

 

Les plus réalistes des romantiques,

Même ceux dont les chances sont minimes,

Nourrissent souvent l’espoir pathétique

D’être de leurs amours les victimes.

 

On ne peut raisonnablement attendre

De ceux qui croisent autant de beauté,

De se résigner et de comprendre

Que la vie a aussi ses cruautés.

 

Même la plus ingrate des créatures,

A, comme vous et moi, un cœur battant,

Vulnérable aux coups et blessures

Qu’infligent les charmes non consentants.

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 12:30

Les jours se suivent et se ressemblent,

Les ans s’entassent comme du bois mort ;

Nous sommes, il est vrai, heureux ensemble,

Mais ce bonheur a perdu ses temps forts.

 

Les sentiers battus usent le bonheur,

Et ancrent la mortelle routine ;

Ils plongent le couple dans la torpeur

Et les béates habitudes crétines.

 

Je ne sais ni faire de jolies phrases,

Ni trouver les mots justes à dire ;

Je ne m’exprime pas avec emphase

Mais j’ai dans le cœur un grand sourire.

 

Si tu sais encore lire mes regards,

Prends au sérieux leur muet langage ;

Secoue-toi avant qu’il ne soit trop tard,

L’inertie est un arrêt sur image.

 

Il ne tient qu’à toi de garder vivant

Le sourire qu’il reste dans mon cœur,

Si tu ne fais qu’attendre en rêvant,

Ne t’étonne pas, si cette flamme meurt.

 

Il nous reste ce dernier jour de l’an,

Si on veut prendre un nouveau départ ;

Arrimons nos rêves au dernier wagon,

Avons que ce train ne quitte la gare.

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 18:29

A ceux qui, en ces jours de fêtes, savent donner

Aux nécessiteux au moins un petit sourire ;

Ceux qui, même dans la douleur, savent fredonner

Des airs qui arrachent le meilleur au pire…

 

A ceux dont l’amitié est inconditionnelle,

Et dont la main nous est toujours tendue, prête ;

Ceux dont l’épaule est un support fidèle,

Qui ne demande qu’à accueillir nos têtes…

 

A ceux qui sont une positive présence,

Ceux dont l’humeur est invariablement égale,

Prêts à noyer dans le rire leurs souffrances,

Plutôt que de les voir peser sur notre moral…

 

A ceux qui accusent en silence les coups,

De celui à qui ils ne veulent aucun mal,

Qui se relèvent en souriant et oublient tout,

Gardant toujours une attitude cordiale…

 

A ceux qui prennent tout avec philosophie,

Les bonnes, tout comme les mauvaises choses ;

Qui ont fait le choix de sourire à la vie,

Et de faire du bonheur d’autrui une cause…

 

A tous ceux, aujourd’hui peu nombreux, qui sèment

Encore la bonté et la joie de vivre,

Je dis qu’ils sont la solution à nos problèmes

Et qu’ils sont pour nous tous un exemple à suivre !

 

Puissent-ils jouir d’une santé à la mesure

Du bien que, par leur présence, ils apportent

A ceux pour lesquels la vie a été dure

Et ceux qui ont besoin qu’on les réconforte !

 

En ce mois de fêtes, j’élève une prière

Pour que les egos aux abois entendent raison ;

Qu’ils voient les larmes des victimes des guerres,

Qui pleurent inconsolables proches et maisons.

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 09:41

Les chemins de la vie m’avaient mené

Loin de la ville où j’ai vu le jour ;

Les yeux en larmes, j’y suis retourné,

La mémoire aux aguets, le pas lourd.

 

J’ai trainé le cœur dans ses artères,

Cherchant les repères que j’avais connus ;

J’y trouvai une ambiance délétère,

Qui mit les plaies du souvenir à nus.

 

J’étais revenu pour me ressourcer,

Dans les vieux quartiers de ma mémoire,

Dont les sons et couleurs m’avaient bercé,

Tout au long d’un exil nourri d’espoir.

 

J’en veux à ceux qui ont pris les rennes,

De la belle ville de mon enfance,

Pour avoir rempli de mauvaises graines,

Ma bonne vieille corne d’abondance.

 

La malédiction n’a rien épargné

Des précieux détails qui nous étaient chers ;

La vulgarité du goût a gagné

Les moindres recoins dont on était fiers.

 

Meurtri au plus profond de mon être,

Je quittai ma ville, méconnaissable,

Défigurée par ceux passés maîtres

Dans l’art de roter à toutes les tables.

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 08:43

On devrait naître à cent ans

Et mourir à dix-huit… heureux.

Après avoir vécu, content

Loin du naufrage d’être vieux.

 

Va, pour des débuts pénibles,

Si, jour après jour, peu à peu,

On a la jeunesse pour cible

Et la certitude d’aller mieux !

 

Sans la lourde chape des ans,

Rien ne pourrait courber vos corps,

Et sans les outrages du temps

Vous redeviendrez beaux et forts !

 

Imaginez qu’hypertension,

Cholestérol et autres plaies,

Battent en retraite à reculons,

Comme dans un divin ballet !

 

Imaginez qu’ayant souffert,

De tous les maux propres à l’âge,

Vous laissez le mal derrière

Et ouvrez de blanches pages !

 

Quelques décennies de verve,

Ca pourrait vous réconcilier,

Avec le temps qui vous observe,

Et qui finit par vous faire plier.

 

Celui qui revient du futur,

Fort d’une longue expérience,

Sait qu’on perd son temps à coup sûr,

En cultivant la patience !

 

Quel bonheur ça pourrait être,

De revisiter sa jeunesse

Et de pouvoir se permettre

Un bras d’honneur à la faiblesse !

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