24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 20:27
LE CRÉPUSCULE DES HOMMES

La musique est forte, les chefs sont sourds,
Leurs violons ont tous un son de tambours.
Qui a payé l’orchestre veut notre fin ;
Les bruits de bottes s'entendent de loin.

Que peuvent les mots et les poètes,
Face aux tribuns et aux trompettes ?
Les forts ont crié Haro aux soudards !
Leurs arguments sont faux, mais c'est trop tard.

La voix du poète ne porte pas loin ;
Contre les canons, ses poèmes sont vains.
Contre l’Orient, les « Grands » partent en guerre,
Usant d'un langage pour le moins pas clair.

Puissances, vous qui hurlez à la mort,
Encore une fois, vous avez tort.
Nous ne sommes pas dupes. Ces tyrans
Diabolisés, sont sortis de vos rangs.

Vous inspirez désormais la honte ;
Votre unique but c'est la rente
Dorée, qui brille sous les babouches
De ces rois dont vous changez les couches !

L'Irak n'est plus, la Syrie également,
L'Orient se consume sous vos armements.
Une noble civilisation rend l'âme,
Réduite par vos bombardements en flammes.

Vous perdez le sens de la mesure
Dès qu'il s'agit d'or ou d'hydrocarbures,
Et brandissez principes et morale
Alors que c'est vous la source du mal !

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 11:05
DU NERF !

Vivons avec entrain, avec rage;

Et si le temps passe vite, tant pis!

Vivons avant que ses tranchants rouages,

Ne fassent de nos corps de la charpie!

*

Chacun angoisse dans son petit coin

Enfermé dans sa propre prudence;

On s'applique à créer d'inutiles freins,

Pour inhiber nos rares tendances.

*

Conviendrait-il de concéder au temps,

L'incertaine vigueur qu'il nous reste,

Et à l'automne les quelques printemps

Sans une réaction, sans un geste?

*

Même le plus hardi d'entre nous peine,

Parce que, trop prudent, l'autre hésite;

Il a du mal à entrer en scène

Faute de spectateurs, pas de mérite.

*

Sur les quelques poignées qui profitent

De la vie et de ce qu'elle peut offrir,

Des armées d'indécis périclitent,

En attendant le moment de mourir.

*

Sortons de nos trous... maintenant ou rien!

La chance ne voudra jamais sourire

A ceux qui s'endorment sur leurs moyens,

Puis se regardent mûrir, voire pourrir.

*

Il ne coûte rien de faire un effort,

Pour vivre sa vie, au lieu d'attendre

L'aléatoire roulette du sort,

Qui ne donne qu'à qui veut bien prendre!

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 14:27
IL ÉTAIT UNE FOIS...

Il était une fois, un aigle beau et fort
Qui régnait sur les airs, sans attaches ni port.
Il avait sur les cieux droit de vie et de mort
Jusqu'au jour où son cœur allait sceller son sort.

Il tomba amoureux et se posa sur terre,
Renonçant pour toujours à sa vie solitaire.
Forte de ses charmes, la sublime femelle
N'eut aucune peine à l'attirer chez elle.

Il se battit souvent, pour protéger les siens,
Brava les pluies, les vents, et le froid sibérien ;
Il chauffa les couvées, pendant qu'elle volait haut,
Plaqué sur le duvet des petits à peine éclos.

Des années ont passé, Sur leur aire pesante,
Il ne quitta plus sa compagne aimante.
Comme tout aigle royal, une fois son choix fait,
Il était très loyal, cet amoureux parfait.

Ils prenaient de l'âge et coulaient de beaux jours,
Régnant sans partage, sur leurs lieux de parcours,
Dans ces lieux féeriques, ils étaient l'harmonie,
La vie idyllique ; le bonheur infini.

Jusqu'au jour où un taré, armé jusqu'aux dents,
Rien que pour se marrer, brisa leurs tendres élans.
Un chien de fusil tiré par un doigt crasseux,
Cueillit la désirée, en plein vol paresseux.

Fou de douleur, le mâle la suivit dans sa chute
Puis libérant un râle, fondit sur la brute.
Les serres en avant, il arracha les yeux
De l'être malfaisant, Et retourna aux cieux.

Il vola très longtemps, ils vola tellement haut,
Qu'il fit pitié aux vents, qui mirent fin à ses maux.
Ils le portèrent très loin, au delà des douleurs,
Où il trouva enfin celle qui prit son cœur.

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 11:33
PRESENCES ET PRESENCES

Que demander d'autre à la vie,

Qu'un entourage franc et sincère,

Porteur de bonnes énérgies,

Et de présences solaires?

*

Les simples compagnies d'autrui,

Et les sourires de complaisance,

Sont pareils aux arbres sans fruits

Et restent de stériles présences.

*

Plonger dans un regard, parfois,

Fait qu'on se sent beaucoup plus seul,

S'il est du genre creux et froid,

Qui couvre plus mal qu'un linceul.

*

Un regard plein de tendresse,

Même s'il est désintéressé,

Fait l'effet d'une caresse,

Qui cautérise l'âme blessée.

*

Une compagnie ne vaut rien,

Si elle ne sert qu'à conjurer

La solitude ou le chagrin,

Ou un spleen parti pour durer.

*

On est très bien avec soi-même.

Pour qu'amitiés et conquêtes

Ne soient pas source de problèmes,

Il faut qu'elles aient la tripe honnête!

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 18:16
LES PAPYS NE MEURENT JAMAIS...
Un grand père ne meurt jamais,
Il effectue un long voyage
Loin de tous ceux qu’il a aimés,
Il n’a qu’un sourire pour bagage.

Un grand-père c’est la tendresse
Dont débordent nos souvenirs,
C’est la voix douce qui caresse
L’enfant qui tarde a s’endormir.

Un grand-père a les tempes grises,
La peau parcourue de sillons,
Des yeux plissés mais qui frisent,
Ignorant l’outrage des ans.

Un grand-père donne sans compter,
De son amour et de son temps,
Pour peu qu’on veuille l’écouter
Remonter le fil des saisons.

Un grand-père souffre en silence
Mais se cache derrière un sourire,
Armé d’une grande patience,
Que rien ne parvient a tarir.

Un grand-père ce sont des récits
En couleur, qui nous émerveillent,
Nous enrichissent mais aussi
Contribuent à notre éveil.

Un grand-père est un rempart
Qui vous protège des coups durs,
Souvent, bien après son départ,
Il veille sur sa progéniture.

Les grands-pères sont éternels,
Ils survivent dans la mémoire ;
Leur souvenir est plus rebelle
Que le plus têtu des espoirs 

Paix aux cendres de ceux partis,
Et longue vie à tous les autres;
Tous les grands-parents sont gentils,
Mais les plus gentils sont les nôtres!

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 21:11
LE REGNE DES VAMPIRES

Elle crée aussi quelques poisons,

La nature, mais non sans raison.

Elle fut généreuse en tout,

Sauf en créant l'homme, ce fou!

On a beau faire, on a beau dire,

Il est capable du pire.

A chaque mal, son remède,

Sauf à celui nommé bipède!

La nature créa l'anophèle,

La mouche d'automne rebelle,

Et bien d'autres calamités

Qu'on croit être sans utilité,

Mais chaque cellule, chaque fibre,

Concoure au grand équilibre,

Bien que, soit dit en passant,

Le moustique soit trop agaçant,

Presque autant que nos politiques,

Connus pour leur soif désertique.

L'homme politique, cet infame,

Est derrière tous nos drames.

Il pille, il viole, il assassine,

Il fait des veuves, des orphelines;

Et pour conserver le pouvoir,

Transforme le pays en mouroir.

Je ne crois pas qu’il existe

Animal plus opportuniste.

Il n’y a qu’à voir nos mounadhils*

Et les larmes de crocodiles,

Qu’ils ont versé au F.L.N,

Dans les Kasmates souveraines,

Comme gages de bonne foi,

Du temps où il faisait la loi ;

Puis comment ces ingrates masses,

Avaient crée leurs paroisses,

A l’ombres des barbes fournies,

Vouant leur père aux gémonies...

A présent, des années plus tard,

Qamiss rangés dans les placards,

On peut les voir, en rangs serrés,

Toute honte bue, réintégrer

Ce parti, retourné en grâce,

Après maints coups bas et crasses.

Ils sont aujourd’hui à la barre,

Ces causes de tous nos déboires,

Et ce qui fait encore plus peur,

C’est leur soif de moustique suceur !

*Militants.

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 13:01
IL ÉTAIT UNE FOIS UN MOUTON...

Je suis un mouton des steppes immenses;

J'y vivais au sein d'un énorme troupeau,

Une vie réglée par les transhumances,

En quête d'herbes graciles et d'eau.

*
Je ne vis de plus près l'être humain,

Que lorsque nous arrivâmes au souk,

Fourbus, au dernier grincement de frein...

Une centaine, entre béliers et boucs.

*

J'étais jeune et encore inculte.

J'aimai mon maître, du premier contact.

Il vint vers moi avec un adulte,

Souriant, fendant la foule compacte.

*

On me palpa, pour faire connaissance,

Puis on m'entraîna sans ménagement,

Vers un coffre qui puait l'essence,

Où je fus enfermé un bon moment.

*

Nous arrivâmes dans un grand jardin,

Où on m'installa dans un coin douillet.

Pendant un mois, je mangeai à ma faim,

Fus bien traité et devint grassouillet.

*

Heureux, je remerciai la providence,

De m'avoir donné d'aussi bons amis;

Contrairement aux autres, j'ai eu la chance

De me trouver une aimante famille.

*

J'eus, en un mois, plus d'amour qu'en un an,

J'apprenais à jouir du bonheur atteint,

Lorsque mon ami, l'adorable enfant,

Se mit à pleurer, par un beau matin.

*

Des adultes cherchaient à le consoler,

En essayant de lui faire comprendre

Le sens profond d'un verbe immoler,

Que sa fibre sensible refusait d'entendre.

*

Lorsqu'on me coucha sur le flanc, ses pleurs

Gagnèrent peu à peu en intensité;

Ses larmes ayant décuplé mes peurs,

Je perdis du coup mon ingénuité.

*

Je n'eus pas la force de me débattre,

Lorsqu'une lame brilla sous mes yeux;

Un adulte sans cœur, opiniâtre,

D'un coup, fit gicler mon sang sur les lieux.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 17:56
HIER ENCORE...

Tu me manques, des fois, insouciante jeunesse,

Fougue des années de folie et d'allégresse!

Tu me manques quand, débordé, je me lâche;

Quand la nature et les éléments se fâchent

Et que je me retrouve seul, venue la nuit,

Avec un climat et une humeur à la pluie!

Tu me manques, parfois, à sauter dans le vide,

Quand les larmes coulent et cherchent des rides

Où se perdre, pour échapper à ce chagrin

Qui, sans crier garre, serre ma gorge qu'il étreint!

Tu me manques, par moments, au point où j'ai peur

De finir étouffé par ma propre torpeur...

Puis... je me dis, dans un effort de sagesse,

Qu'avoir tout et râler, c'est la pire faiblesse.

Dans cette vie, le facteur le plus important,

N'est-il pas avant tout, d'abord d'être bien portant?

Si au lieu de vivre, on fait des fixations

Sur le sexe des anges ou l'existenciation,

Cela signifie qu'on est un être craintif,

Qui se fait de la vie un tableau négatif,

Par peur de perdre le contrôle sur ses instincts

Et d'être seul à la barre de son destin.

Le mal n'est pas dans les accès de nostalgie,

Il est dans l'inertie: c'est d'elle qu'il s'agit !

A terme, on y prend goût et on se replie

Sur soi et sur ses problèmes, et on s'oublie!

Là, les souvenirs s'emparent de la raison,

Colorient le passé et brouillent le présent!

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 14:01
ALTER EGO

Pour chaque être, il y a quelque part,

Une moitié complémentaire, vitale,

Une partie de soi, un fragment épars,

Qui complète, sans être congénital.

***

On ne ménage rien, pour le trouver,

Ni jeunesse, ni santé, ni fortune;

Les âmes seules ne font qu'en rêver,

En prenant pour témoin le clair de lune.

***

Aucun beau livre ne peut être écrit,

Sans la lumière de quelques beaux yeux;

Les complaintes, les larmes et les cris,

Racontent le mal de n'être pas deux.

***

Peut importent souffrances et fatigues,

S'il y a l'amour au bout du chemin;

On brave les coups bas, les intrigues,

Pour peu que l'élu vous tende la main.

***

On emprunte le long chemin du cœur,

Avec pour seul phare ses battements;

Il n'est jamais complet, notre bonheur,

Qu'une fois couplés l'amante et l'amant.

***

Nous avons tous de l'amour à donner,

Même ceux dont la vie a fait des aigris;

Sans amour, on ne peut que se faner.

Privé de tendresse, le cœur se tarit.

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 22:09
IL EST TEMPS DE VIVRE

Toi qui crapahute du matin au soir,

Sans jamais te permettre une pause,

Tes jours s'épuisent à petites doses,

Et toi tu ne pense qu'à tes avoirs.

***

Ils sont bien loin derrière, tes vingt ans,

Mais tout ça t'est bien équilatéral,

T'étant, toute ta vie, donné du mal

Pour le futile, oubliant l'important.

***

Lorsque ton compte en banque sera plein,

Et que celui de tes jours sera vide,

Après une vie triste et aride,

Avec ton or, tu auras l'air malin!

***

Celui qui porte l'argent dans son coeur,

Au lieu de le laisser dans ses poches,

Faisant son bonheur et celui des proches,

Comprendra beaucoup plus tard sa douleur...

***

Lorsque, disposant d'abondants moyens,

Il n'aura plus de forces, pour danser

Tous les airs et rythmes cadencés,

Qui narguent, sur le tard, tous les doyens.

***

Le cumul est une drogue puissante,

Qui vous confine une vie durant,

Dans de simples rôles de figurant,

Au détriment des choses importantes.

***

Je vous invite à vous réveiller,

Avant l'inévitable coup de gong final,

Qui prend de court et peut être fatal

A ceux qui ont dormi sur leurs lauriers.

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