Mes fermes résolutions glissent sur ton regard
Et se noient dans la profondeur de tes grands yeux
Je vois que tu n’es pas seule, n’est-il pas trop tard
Pour me hasarder à te parler de nous deux ?
Pressé par la vie, je devrais être parti,
Mais je reste là, figé, les membres tremblants,
Victime d’un coup que j’ai profondément senti,
Porté au cœur par tes innocents yeux troublants.
Je te vis partir avec mon cœur, impuissant,
Accrochée à son bras, insensible au reste,
Ne pouvant retenir ni vous ni mes frissons,
Figé là, incapable du moindre geste.
Ainsi, esclave de mon cœur, je meurs souvent,
Fauché par un battement de cils, un sourire,
Un timbre de voix, un simple déhanchement ;
Un rien me fait planer, un rien me fait mourir.
Il y a des êtres faits pour porter leur cœur
Résolument, sans flancher, vers un objectif sûr,
D’autres que le cœur porte au gré de l’humeur,
Aveuglément, de passion en meurtrissure.
Je suis de ceux là, hélas, je vibre toujours
Pour des choses qui laisseraient indifférent
Quiconque viendrait à les croiser sur son parcours.
Je suis vagabond, traîné par un cœur errant.